Les pigments au temps de Marguerite Gérard (Villanov’art)

Article initialement publié le 28 novembre 2007 sur le site disparu Villanov’art

Elisabeth Louise Vigiée-Le Brun, autoportrait (détail), National Gallery, London
Elisabeth Louise Vigiée-Le Brun, autoportrait (détail), National Gallery, London

Les pigments répertoriés ici sont ceux dont disposait Marguerite Gérard(1761-1837) et en partie Jacques Sablet (1749-1803). Cette liste est basée sur les publications de Léonord Mérimée, Watin et autres. Trois pigments très importants apparaissent au début du XIXème, le jaune de cadmium, le premier vrai jaune solide de l’histoire de la peinture, le bleu de cobalt et l’outremer synthétique, dit outremer « Guimet » ou outremer « français » (chez les anglo-saxons). Nous ne parlons ici que des pigments broyés à l’huile.

Blancs de plomb : céruse et blanc d’argent

Les noirs

  • Noir d’ivoire ou d’os (ivoire ou os calcinés)
  • Noir de vigne (sarments de vigne calcinés)
  • Noir de pêche (noyaux de pêche calcinés)
  • Noir de marc de café (marc de café calciné)

Les terres

  • Ocre jaune
  • Sinope (ocre rouge naturelle)
  • Ocre rouge (ocre jaune calcinée)
  • Terre de Sienne naturelle
  • Terre de Sienne brûlée
  • Terre d’Ombre naturelle
  • Terre d’Ombre brûlée
  • Ocre de rhu

Les pigments jaunes

  • Jaune de plomb
  • Jaune de plomb-étain
  • Jaune de Naples (antimoniate de plomb)
  • Orpiment (sulfure d’arsenic)
  • Jaune de cadmium
  • Jaune indien (laque d’origine animale)
  • Laque de gaude et still de grain (laques végétales )

Les pigments orangés

  • Massicot (jaune orangé de plomb)
  • Minium (orangé de plomb)
  • Réalgar (sulfure d’arsenic)

Les pigments rouges

  • Cinabre (sulfure de mercure naturel)
  • Vermillon (sulfure de mercure artificiel)
  • Iodure de mercure (de teinte proche du cinabre)
  • Rouge de Saturne (rouge de plomb)
  • Carmin de cochenille (laque d’origine animale)
  • Laque de garance (laque végétale)
  • Les rouges d’oxyde de fer (dits « anglais », de « mars » etc…)

Violet de fer (dit violet de mars)

Les pigments bleus

  • Azurite (carbonate de cuivre)
  • Smalt (cobalt)
  • Indigo (laque végétale)
  • Bleu de Prusse
  • Bleu de cobalt
  • Outremer (lappis-lazzuli)
  • Outremer Guimet

Les pigments verts

  • Malachite et vert de montagne (carbonate de cuivre)
  • Oxyde de chrome (chromate de mercure ou chromate de potasse et de soufre, selon la fabrication)
  • Terre verte (terre naturelle)
  • Verdet (vert-de-gris)
  • Verts de schéele et de Vienne (verts de cuivre)

Les pigments bruns

  • Asphalte (bitume)
  • Brun de bleu de Prusse
  • Still de grain brun (laque végétale)
  • Terres de Cassel et de Cologne (terres végétales)

Note sur l’ocre de rhu : Cette terre est également orthographiée « ru » ou « rut ». Je préfère utiliser son orthographe locale car elle était extraite dans la vallée du Therain, ancien territoire bellovaque où beaucoup de noms de lieux et de choses anciennes s’orthographient avec des « h ». Cette ocre se trouve surtout dans les  zones humides situées près des ferrières. J’ai été élevé dans cette région et je me souviens très bien avoir joué à faire des gâteaux de terre avec cette belle ocre de ton brun-vert légèrement doré que l’on trouve en divers endroits, en ce qui me concerne près d’un ruisseau appelé la « Chire » (encore un « h ») dans le Pays de Thelle. Claude Yvel en parle dans son ouvrage « Peindre à l’huile comme les maîtres ». Il se rappelle d’une enseigne effacée sur un bâtiment de Beauvais en rapport avec l’ocre, il s’agissait en effet d’un dépôt de la maison Veuve Lefèbvrequi négociait l’ocre de rhu et diverses glaises

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