Livres utiles sur la peinture (Villanov’art)

Article initialement publié le 19 novembre 2007 sur le site disparu Villanov’art

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Nous disposons à notre époque d’une pléthore de livres sur la peinture . La plupart sont généralement des compilations plus ou moins déguisées de poncifs bien connus, où des révélations de pseudo secrets dévoilés. Il n’y a guère de secrets en peinture, le métier est surtout fait de beaucoup de travail et de méthode. Nous avons aussi les compilations de recettes de media et autres, déclinées à n’en plus finir, . Les formules ne sont pas le métier, un recueil des recettes de cuisine d’un Troisgros, d’un Loiseau ou d’un Ducasse, si tant-est qu’il existat, ne ferait pas du lecteur un Chef de cuisine pour autant.
Les livres, aussi bons soient-ils, sont limités par leur nature d’objet purement narratif, ils ne montreront pas les tours-de-main par exemple, et notre métier est fait de ces multiples gestes, comme celui de l’ébéniste ou du forgeron.
De ce verbiage émergent cependant quelques solides ténors qui seront grandement utiles aux étudiants en peinture et ce sera l’objet de cette livraison.
A l’exception de l’ouvrage de Leonor Mérimée apparemment épuisé, les livres qui suivent sont achetables ou accessibles via les librairies en ligne.

Cennino Cennini, Il libro dell’arte , Berger-Levrault 1995, traduction de Colette Déroche.
Disponible aussi en téléchargement, en anglais, à l’adresse :http://noteaccess.com/Texts/index.htm

Cennini, peintre toscan élève d’Agnolo Gaddi, est l’auteur d’un recueil de textes manuscrits achevé vers 1390, dans lequel il décrit les matériaux picturaux et les techniques des peintres de son temps. Ces descriptions sont, pour beaucoup, toujours d’actualité et établissent la transition entre la peinture médiévale et la Renaissance. Le livre de Cennini, qui fut le premier écrit non pas en latin mais en italien populaire, n’a pas qu’une valeur historique, il jette une lumière simple et saine sur la pratique du métier. Le travail de traduction de Colette Déroche est remarquable.

Xavier de Langlais, La technique de la peinture à l’huile, Flammarion 1988. Première édition : 1959.
Xavier de Langlais, professeur à l’Ecole des beaux-arts de Rennes, a écrit ce livre incontournable pour les étudiants en peinture. A une époque où toute expression solide du métier essuyait les quolibets des tenants de l‘art intelligent, il fut pour beaucoup une lumière dans la nuit. Il décrit essentiellement son propre point de vue technique sur la peinture, il intitule d’ailleurs honnêtement son livre « La technique… » et non pas « Les techniques… ». Il ne développe pas l’usage de l’huile de noix qu’il n’a pas expérimentée, ni celui des résines mastic et dammar dans les media, mais a le grand mérite de réhabiliter la térébenthine de Venise et les huiles cuites. On sent l‘amour du métier à chaque page.

Claude Yvel, Peindre à l’huile comme les maîtres, la technique du XVIème au XVIIIème siècle, Edisud 2003. Première édition : 1991.
Le titre ne reflète pas le contenu. Claude Yvel, peintre français de très haut niveau et probablement le plus érudit, décrit sa propre technique de peinture (bien qu‘il ne dise pas tout), basée en grande partie sur l’usage de l’imprimeure grasse, du megilp et de pigments pour la plupart anciens. Après avoir lu ce livre très bien documenté on ne peindra pas comme Yvel, bien sûr, mais on aura compris une partie du puzzle. Cette ouvrage est l’antithèse de celui de Langlais.

Watin, L’art du peintre, doreur, vernisseur, 1773
On peut le télécharger à l’adresse :http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k841821
Watin, marchand de couleurs de son état, a produit un livre qui montre très bien le déclin de la technique picturale au XVIIIème siècle. Les peintres intéressés par l’histoire des techniques y trouveront toutefois de bonnes informations… et pas toutes obsolètes, ma foi.

  1. F. L. Mérimée, De la peinture à l’huile, 1830, réédition en fac-similé Erec 1981.
    Le père de Prosper Mérimée était secrétaire de l’Académie des Beaux-Arts. Il écrivit, en 1830, un petit traité fondamental à l’usage des peintres de l’Académie, dans lequel il se penche sur le déclin des techniques de son époque et tente sincèrement d’exhumer les anciens usages pour sortir ses confrères de l‘impasse. Il redonne les formules de l’huile noire, du Megilp, qu’il appelle « vernis des Anglais », il se pose la question de l’introduction des résines dans la pâte etc… C’est un livre qu’il faut lire pour comprendre la réaction des Preraphaelites et l’avènement du Réalisme classique.

Max Doerner, The materials of the artist and their use in painting , Harcourt 1984. Première édition en allemand : 1934.
C’est un livre important qui traite pour un tiers seulement de la peinture à l’huile. Il reflète bien la vision technique de la peinture à l’huile du début du XXème siècle. La fin de l’ouvrage traite des techniques des maîtres du passé et avance des hypothèses souvent très pertinentes. Le livre de Max Doerner a un grand écho aux USA.

Ralph Mayer, The Artist’s Handbook of materials and techniques, Viking Press 1981. Première édition : 1940.
Ce livre, construit un peu sur le modèle de celui de Doerner, fut jusqu’à récemment la bible des peintres américains. Ralph Mayer a une vision assez simplifiée de la peinture à l’huile mais pas simpliste pour autant. Il développe une technique efficace… très américaine.

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