Le vernice liquida – Une définition (Villanov’art)

Article initialement publié le 10 décembre 2007 sur le site disparu Villanov’art

vernice-liquida

Vernice liquida est un terme italien signifiant au sens large résine ( ambre, copal, sandarac, mastic) liquide, une résine rendue liquide par dissolution dans de l’huile. Le vernice liquida est l’ancêtre des vernis modernes et en conséquence des media. Dans l’antiquité, les byzantins le nommaient « atramentum ». Vernice vient de Pheronice, un terme de la Grèce antique désignant l’ambre. Chez les Anciens la notion d’ambre était très floue, elle regroupait un ensemble de résines solides comprenant l’ambre, le copal, la sandarac et le mastic. Ce flou des définitions n’appartient pas qu’à un folklore laxiste des siècles passés, à notre époque encore le terme copal est des plus confus et regroupe une grande diversité de résines à la fois fossiles, actuelles, dures et tendres.
Ce pheronice se transforma en Italie, selon les accents locaux, en beronice, berenice, veronice, verenice et finalement vernice. Dans le Nord on employait les termes fornis, succin et carabé.
On le prépara pendant des siècles d’une façon quasi immuable en chauffant une part de résine et trois parts d’huile (en poids), obtenant ainsi une préparation à la consistance de miel liquide et d’une teinte très sombre (rougeâtre quand elle est à base de sandarac). Elle servait à vernir les statues, les peintures à l’encaustique et la tempera à l’oeuf. On ne pouvait l’étendre qu’avec la paume de la main et ne séchait qu’en plein soleil ou à proximité d’une forte source de chaleur.
Il est attesté que cette préparation servit dès les années 1100 (et probablement bien avant) à broyer les pigments et fabriquer les premières peintures à l’huile. Ceci sera développé dans un prochain article.
A la fin des années 1200, le vernice liquida ne fut quasiment plus préparé qu’à la sandarac, résine d’un thuya du Maroc. On le connaissait à cette époque dans les pays du Nord comme « vernisium rubrum » (vernis rouge).
On continua toutefois à préparer les vernici à l’ambre ou au copal qu’on appela alors « vernice d’ambra » ou « vernice liquida Gentile » en référence à Orazio Gentileschi qui l’employait à la fin du XVIème siècle.

Le vernice liquida fut très important dans le développement des techniques de la peinture à l’huile et cette mise au point quand à son origine était absolument nécessaire à la compréhension de l’avènement de la nouvelle peinture à l’huile initié par les frères Van Eyck.

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